
FANNY
Fanny est arrivée sur l’île de Belle-Île-En-Mer il y a cinq ans. Après quelques déconvenues avec un bailleur social et des problèmes d’insalubrité, elle a décidé de s’installer dans une caravane près de Loc Maria, près de ses trente chèvres angora, qu’elle élève pour leur laine.
Belle-Île-En-Mer connaît des problématiques importantes de mal-logement. En effet, beaucoup d’habitations sont réservées aux locations estivales, de courte durée. Le reste de l’année, d’octobre à mars, elles sont soit fermées, soit louées à des locataires qui sont priés de quitter les lieux en avril, à l’arrivée du printemps et des touristes affluant sur l’île - en été, la population de Belle-Île-En-Mer est multipliée par neuf. D’autre part, une grande partie du parc immobilier de l’île correspond à des résidences secondaires, privatisées par des propriétaires qui viennent passer quelques semaines par an lorsque les beaux jours arrivent. Enfin, la demande étant très forte, certains propriétaires ou bailleurs sociaux n’hésitent pas à retarder voire à se décharger de l’entretien des habitations.
Se loger sur cette île du Ponant (comme sur d’autres) devient alors parfois un combat difficile. Beaucoup de personnes sont contraintes de vivre en habitat “léger” (caravane, yourte, roulotte, camping...).
Fanny, elle, promeut ce mode de vie “non polluant et qui n’artificialise pas les sols”, et milite pour une amélioration des conditions d’accès. Elle-même se trouve dans une situation d’irrégularité puisqu’elle est installée sur un terrain de 3,5 hectares qu’elle a, certes, acheté, mais qui a une vocation professionnelle - l’accueil d’un bâtiment agricole, destiné à accueillir son troupeau, le foin, son tracteur.
Malgré ces difficultés, Fanny nourrit de nombreux projets, comme notamment obtenir l’agrément pour accueillir des familles en habitat léger sur son terrain, ou encore agrandir son troupeau de chèvres.
En attendant, elle semble avoir trouvé un équilibre harmonieux entre l’élevage de son troupeau, son mode de vie écologique, la vente sur les différents marchés de l’île des produits qu’elle fait fabriquer à partir de la laine mohair de ses chèvres, et sa vie sociale et culturelle îlienne. Elle espère néanmoins régulariser sa situation et participe activement à des réunions de travail organisées par les collectivités locales ayant pour thématiques la vie et les problématiques liées à l’insularité.